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Ce panorama, fruit des travaux menés au sein de l’Institut de la finance durable (IFD), propose une analyse structurée des mécanismes par lesquels les investisseurs recherchent l’additionnalité. S’appuyant sur 11 études de cas détaillées, ce livrable offre une illustration concrète de l’opérationnalisation de l’additionnalité et vise à contribuer à une compréhension partagée de ce pilier clé de la finance à impact.

L’additionnalité : de la définition à la pratique
Au cœur de la définition de la finance à impact établie par les travaux de Place coordonnés par l’Institut de la finance durable, l’additionnalité correspond à la contribution particulière des acteurs financiers permettant aux bénéficiaires des investissements/financements d’accroître eux-mêmes l’impact généré par leurs activités.

Ce Panorama a pour vocation d’éclairer les acteurs du marché sur les stratégies existantes pour mettre en place cette additionnalité. Il présente une perspective intéressante sur les actions à disposition de l’investisseur pour maximiser l’impact.

Cinq leviers d’action identifiés
Le Panorama classifie les pratiques observées sur la base des cinq leviers d’additionnalité distincts présentés dans les travaux de Place, offrant une vision claire de ceux-ci au travers d’exemples concrets :

  1. Le financement de segments de marché sous-financés : l’apport de capitaux vers des zones géographiques (par exemple : pays émergents), des secteurs (par exemple : méthanisation) ou des structures délaissées par les financements traditionnels (par exemple : structures de l’ESS).
  2. L’apport de capital ou de financement flexible : la mise à disposition de conditions financières préférentielles ou adaptées (capital patient, indexation des taux sur des objectifs d’impact, structuration innovante) pour renforcer le potentiel du sous-jacent.
  3. Le soutien extra-financier : l’accompagnement stratégique et opérationnel des participations (mise à disposition d’experts, accès aux réseaux, aide à la structuration RSE), particulièrement crucial pour le non-coté et l’early stage.
  4. L’engagement actif : l’utilisation des droits de vote, le dialogue avec les dirigeants et le dépôt de résolutions pour influencer les actifs ou la mise en place de clauses d’impact.
  5. Le signalement de l’importance de l’impact : l’envoi de signaux de marché forts via des politiques d’allocation sélectives, une communication transparente et une participation active aux standards de place.

Une diversité d’exemples concrets issus de la Place de Paris

L’Institut de la finance durable a analysé les méthodologies de 11 fonds, couvrant une large gamme de classes d’actifs (infrastructures, private equity, dette privée, coté, immobilier). Par exemple, et sans que les fonds soient limités à un seul levier d’additionnalité, on peut citer :

  • ADEME Investissement et SWEN Impact Fund for Transition 2 qui illustrent le financement d’infrastructures et de technologies innovantes (ex : méthanisation, décarbonation) qui peuvent être jugées trop risquées par le marché classique ou Microfinance Solidaire qui fournit du financement à des entreprises sociales dans des pays en développement.
  • INCO Ventures qui ajuste ses taux pour des associations et des coopérations ou LBP AM Midcap Senior Debt qui met en place des mécanismes d’incitation (taux indexés sur des objectifs d’impact)
  • Ring Capital qui met à disposition de ses participations l’expertise de ses équipes, un plan concret sur les 100 premiers jours et le soutien de ses partenaires opérationnels ou encore PERIAL Euro Carbone qui dispose d’une équipe interne dédiée au pilotage et à la réalisation des objectifs d’impact pour ses actifs immobiliers.
  • Echiquier Positive Impact Europe et Ecofi Agir pour le Climat qui détaillent comment l’engagement actionnarial, le dialogue rigoureux et une stratégie d’escalade bien définie peuvent transformer les pratiques des grandes entreprises cotées.
  • Delubac Impact Positive Health et CM-AM Impact First Inclusion qui offrent des perspectives sur la mise en place d’une part de partage et sur la construction d’une matrice d’allocation de capital ambitieuse.

Le document inclut également une perspective du Fonds Européen d’Investissement (FEI), soulignant le rôle structurant des fonds de fonds dans l’écosystème.

Cécile Goubet, Directrice Générale de l’Institut de la Finance Durable, déclare :
« Avec ce Panorama, nous franchissons une nouvelle étape. Il ne s’agit plus seulement de définir ce qu’est l’impact, mais de montrer « comment on fait ». En répertoriant ces leviers et en les illustrant par des exemples pratiques, nous donnons aux investisseurs les clés pour caractériser leur additionnalité dans leur démarche de finance à impact. »